Still Beauties
Des corps, des fleurs, des eaux sombres et profondes, le mythe d’Ophélie décliné au masculin, comme acte politique. Si Ophélie était le miroir d’Hamlet, le reflétant dans sa folie, ces corps masculins se font l’écho de mes angoisses. Ils évoquent à la fois une inquiétude collective face à un monde perçu comme menaçant et submergeant, et une expérience plus intime de la détresse psychique.
Les eaux noires, omniprésentes, symbolisent cet espace de bascule où les limites entre intérieur et extérieur, visible et invisible, se dissolvent.
Les corps apparaissent alors comme des territoires traversés par la tension. Déformés, flottants ou en suspension, ils témoignent de cette lutte silencieuse contre des forces qui nous dépassent.
Les fleurs, quant à elles, introduisent une dimension ambiguë, oscillant entre beauté, fragilité et disparition. Elles font écho aux corps, à leur métamorphoses silencieuses, à ce qui persiste malgré l’effondrement.
Au cœur de cette recherche se trouve la question de la santé mentale et de ses manifestations souvent imperceptibles. À travers une esthétique poétique et symbolique, ce travail cherche à rendre visible ce qui demeure habituellement enfoui, et à ouvrir un espace de réflexion sur les vulnérabilités individuelles et collectives.
Bodies, flowers, dark and deep waters— the myth of Ophelia rendered masculine as a political statement. If Ophelia served as a mirror to Hamlet, reflecting him in her madness, these male bodies echo my own anxieties. They evoke both a collective unease in the face of a world perceived as threatening and overwhelming, and a more intimate experience of psychological distress.
The ever-present black waters symbolize a threshold—a space where the boundaries between the inner and outer worlds, the visible and the invisible, dissolve.
The bodies emerge as territories traversed by tension. Distorted, drifting, or suspended, they bear witness to a silent struggle against forces that transcend us.
The flowers, meanwhile, introduce an ambiguous dimension, oscillating between beauty, fragility, and disappearance. They echo the bodies, their silent metamorphoses, and what persists despite the collapse.
At the heart of this inquiry lies the question of mental health and its often imperceptible manifestations. Through a poetic and symbolic aesthetic, this work seeks to bring to light what typically remains buried, and to open a space for reflection on both individual and collective vulnerabilities.